astuce gestion temps

Mon astuce miraculeuse pour passer mes journées sur Facebook tout en restant très productive

« Je crois que dans l’ensemble, je passe beaucoup trop de temps sur Facebook. J’y suis tout le temps ! »

« Vider le lave-vaisselle, c’est trop long et pénible et … oh j’ai juste pas l’énergie ! Je le ferai demain. »

« Ecrire un article par jour pour le blog de Ziofix ? Pas de souci ! Je peux bien trouver une heure de plus dans ma journée ! »

Il y a encore quelques mois, voici le genre de choses que je me disais. J’étais à peu près certaine de savoir estimer exactement combien de temps je passais sur une tâche (au passé) ou combien de temps j’y passerai (au futur).

La vérité ? J’avais tout faux.

Il paraît que nous autres humains sommes très mauvais pour estimer le passage du temps. Je confirme.

Parce que j’avais l’impression de passer ma vie sur Facebook (et que j’en profitais pour m’autoflageller sur le mode « mais qu’est-ce que tu n’es pas productive ma pauvre vieille ! »), je me suis mise à chronométrer le temps que j’y passais. A la seconde près. (J’utilise Toggl. C’est génial.)

Mon idée était qu’une fois que je verrais toutes les heures que je gaspillais sur Facebook, il serait plus facile pour moi de me sevrer de cette mauvaise habitude.

Résultat : sur une semaine type, j’y passe environ une heure.

Une heure !! Alors que Facebook me sert de plateforme d’échange avec les chroniqueuses de Mademoiselle Dentelle, de chat avec certaines personnes avec qui je travaille, d’outil de communication pour mes blogs et d’aide au networking. C’est très peu ! Je m’attendais à bien plus, peut-être même 10 fois plus.

En regardant de plus près les résultats, je me suis aperçue que j’y allais plusieurs fois par jour (parfois 7 ou 8 fois dans une journée), mais souvent, seulement pour quelques secondes, histoire de voir ce qui se passe ou de répondre à quelqu’un. Mon impression d’y être tout le temps était donc fondée, puisque j’y suis très fréquemment. Cela ne veut pas dire que j’y gaspille des heures entières chaque semaine.

Et quel changement cela fait ! Je peux maintenant profiter de ces quelques secondes de détente entre deux items de ma todo sans culpabiliser de les « voler » ou de « foutre en l’air ma productivité ».

Merci le chronomètre.

Un jour, j’ai eu l’idée de faire la même chose dans ma cuisine.

Mon lave-vaisselle, c’est un peu mon meilleur ami dans la cuisine. Une famille de 6 qui mange souvent à la maison, ça fait beaucoup de vaisselle. Sauf que pour qu’il fonctionne correctement, il faut le vider régulièrement. Et j’avais toujours l’impression de ne pas avoir le temps de le faire. « Je le ferai tout à l’heure, là je n’ai pas le temps, » me disais-je en permanence. Traduction : je le ferai quand le plan de travail débordera de vaisselle sale et que je n’aurai plus le choix.

Un jour, donc, je me suis chronométrée en train de vider le lave-vaisselle. Résultat : 2 minutes et 12 secondes.

À peine plus de 2 minutes !! Depuis, impossible de continuer à procrastiner ! Même si je suis épuisée ou très pressée, j’ai quand même toujours 2 minutes !

Et quel changement cela fait ! Le lave-vaisselle étant toujours vide, les plans de travail de la cuisine le sont eux aussi, je suis plus motivée pour faire à manger, je cuisine plus de légumes et le PNNS est tout content.

Merci le chronomètre.

Après ça, je me suis mise à tout chronométrer. Toggl, que je n’utilisais que de temps en temps pour faire le point sur ma gestion du temps, est désormais mon meilleur ami.

Ma dernière révélation en date ? Ecrire un article sur un de mes blogs ne me prend pas une heure comme je le pensais.

Ou plutôt si, écrire un article me prend environ une heure. Mais PUBLIER un article ? Non, ça, c’est beaucoup plus long. Il faut relire l’article pour corriger le style, ajouter les différents liens et références, relire l’article pour corriger l’orthographe, trouver une image pour l’illustrer, relire l’article pour corriger l’orthographe une dernière fois, rédiger un résumé, relire encore parce qu’on ne sait jamais, publier sur les réseaux sociaux, répondre aux commentaires, relire une dernière fois (oui oui, une fois publié) pour corriger les dernières fautes qui ont échappé aux lectures précédentes ou qu’on m’a signalé ici ou là, envoyer l’article à des gens que ça pourrait intéresser…

Bref, ça prend bien plus d’une heure. En moyenne, 2 heures et 24 minutes en tout selon Toggl.

Et quel changement ! Maintenant que je sais qu’il me faut 2h30 pour publier un article, j’évite de m’engager (envers d’autres ou envers moi-même) à en écrire 3 dans une journée en plus de tout le reste de ce que j’ai à faire. Ça fait un paquet de stress en moins dans ma vie !

Donc si je résume : je passe tout le temps que je veux sur Facebook tout en étant productive, à l’heure et détendue. Ma cuisine est toujours propre et mes enfants mangent plus de légumes.

Je te l’avais dit, c’est un miracle. Merci le chronomètre.

chance réussite

Chance ou travail, quelle est l’origine de ma réussite ?

Il y a quelques jours, discussion avec une entrepreneur, qui me raconte à quel point son activité fonctionne bien.

– Oh c’est super ! lui réponds-je automatiquement. Tu as de la chance, c’est un secteur très difficile. J’en connais plein dans ce secteur qui ont beaucoup de mal !

Ce à quoi elle me répond : « Rien à voir avec la chance. C’est surtout beaucoup de travail. »

Tiens, quelle étonnante manière de voir les choses ! Tellement à l’opposée de la mienne !

Comme souvent quand je rencontre une pensée divergente, cela me fait réfléchir. Je me retrouve à me poser des questions que je ne me serais pas posée autrement. Est-ce que ma réussite est due à la chance ou à mon travail ? Est-ce qu’attribuer mes réussites à la chance m’empêche de me les attribuer à moi et d’avoir l’impression de les mériter ? Est-ce que c’est en lien, peut-être, avec le manque de légitimité que je ressens parfois ?

Bref, c’est l’occasion pour moi de faire un point sur mes croyances et de vérifier si je veux les garder telles quelles ou en changer.

Au quotidien, je ressens toujours à fleur de peau une énorme gratitude pour la chance que j’ai. Quand quelqu’un me félicite sur mon entreprise ou mon parcours, je réponds souvent quelque chose du style « Merci, oui, j’ai beaucoup de chance. »

Et quand je fais l’inventaire de tout ce pour quoi je peux remercier la vie, la liste est longue !

  • Être née en France au 20ème siècle où en tant que femme, j’ai le droit d’avoir des aspirations professionnelles et de les réaliser.
  • Avoir des parents qui m’ont toujours poussée pour que je réussisse, à l’école et ailleurs, et qui avaient les moyens de le faire, intellectuels et financiers.
  • Être mariée à un homme qui non seulement me soutient dans mes projets et prend sa juste part dans l’éducation de nos enfants, mais dont en plus l’activité professionnelle complète la mienne.
  • Être intelligente, plutôt jolie, savoir bien écrire, bien parler.
  • Être en bonne santé ; avoir des enfants et un mari en bonne santé.

Je pourrais continuer cette liste très longtemps. A chaque fois que j’entends parler du malheur de quelqu’un, c’est l’occasion pour moi de voir à quel point j’ai de la chance de ne pas avoir ce problème-là. Et d’allonger la liste.

Je suis intimement persuadée que toute cette chance est essentielle à ma réussite. Quelle est fondatrice. Et je suis parfaitement consciente que tout cela m’est tombé tout cuit, comme on dit.

Certes, on pourrait me rétorquer que j’ai choisi mon mari, par exemple. (Ce qui est vrai, bien sûr. J’ai la chance d’avoir le droit de choisir mon conjoint, je pourrais rajouter ça à la liste !) Mais je ne l’ai certainement pas choisi parce qu’il sait faire des sites internet alors que cela a évidemment joué un rôle dans le succès de mes sites ! (J’avoue, c’est pratique ! C’est une vraie chance !)

Bien sûr, je travaille. Je travaille même beaucoup. Je ne suis pas assise sur mon canapé toute la journée à attendre que la chance me sourie. Mais la plupart du temps, je n’ai pas l’impression de travailler. J’ai la chance (oui encore elle) de faire quelque chose qui me plaît tellement que travailler me semble amusant 90% du temps.

Et bien sûr, il y des choses qui me semblent difficiles sur le moment, des projets qui n’avancent pas, des problèmes relationnels avec des gens, des moments de doute, des échecs. Mais une fois traversées, je suis prompte à ranger ces difficultés dans la case « chance ». Chance d’y avoir survécu, chance d’en avoir tiré des leçons, chance d’en sortir plus forte… Après tout, cela aurait pu être pire !

Seule ombre au tableau, cet état d’esprit m’apporte parfois, dans les moments les plus sombres, un sentiment d’insécurité. Si je dois mes réussites à la chance, que se passera-t-il si un jour ma chance tourne ? Si tout à coup ma santé me lâche, un de mes enfants meurt, ma maison prend feu, mon mari devient psychotique… La liste est aussi longue de toutes les malchances qui pourraient m’arriver. (D’ailleurs, il m’est presque aussi facile de prendre conscience de la chance que j’ai que d’imaginer les horreurs dont je pourrais écoper par malchance ! Ce n’est que le même mécanisme utilisé à revers !)

Dans ces moments-là, j’essaie de me souvenir des nombreuses études qui montrent que la chance n’est pas uniquement le fruit du hasard. Que si on a cherche la chance, on a plus de chance d’en trouver. Que la chance est aussi un état d’esprit.

Un état d’esprit que j’aime.

C’est positif et léger. Cela m’apporte beaucoup de bonheur au quotidien en me permettant de me focaliser sur le beau et le bon dans ma vie, au lieu de rester coincée sur ce qui ne va pas.

Cela me donne aussi l’impression que je dois « mériter ». Que toute cette chance ne doit pas être gaspillée sur moi. Qu’il m’appartient d’en faire quelque chose de bien. De bon.

Cela me tire vers le haut. C’est un moteur puissant.

Au final, puisque je fais ce qu’il faut pour mériter la chance que j’ai, cela me permet aussi d’avoir l’impression de mériter mes réussites. J’ai beaucoup de chance, certes, mais je ne l’utilise pas n’importe comment. C’est une source de fierté pour moi.

Bref, un bilan positif ! Décidément, cet état d’esprit me convient. Je garde !

Crédit photo : FromSandToGlass

comment-se-définir-entrepreneur

Entrepreneur multi-casquettes : quelles étiquettes pour me définir ?

Je n’aime pas les étiquettes. Tu sais, ces mots qu’on colle sur le comportement ou (pire !) sur la personnalité de quelqu’un : timide, intelligent, exigeant, facile, méchant… C’est forcément réducteur.

Pourtant, je suis la première à en coller. Je suis même du genre à étiqueter tout ce qui bouge. J’ai besoin d’étiquettes pour catégoriser les choses que j’apprends, les gens que je rencontre et les expériences que je vis.

Tu veux un scoop ? Toi aussi.

Il paraît qu’on le fait tous. Ranger des événements et des expériences dans des cases est même le fonctionnement normal du cerveau humain. Comme le souligne David McRaney dans son livre You are not so smart, cela nous aide à réfléchir plus rapidement et à faire sens du monde qui nous entoure.

« Votre motivation pour cela est primitive. Vous avez besoin d’ordre. L’ordre fait qu’il est plus facile d’être une personne, de naviguer dans ce monde imprécis. »

Je ne peux donc pas vraiment m’en empêcher. Et toi non plus. Tout ce qu’on peut faire, finalement, c’est être au courant de nos tendances étiquetomaniaques et garder un oeil ouvert sur les dérives. (Comme par exemple les stéréotypes idiots qui peuvent freiner le développement de nos entreprises sans que l’on s’en rende compte.)

Et quitte à ce que tout le monde me range dans une case, autant essayer de choisir moi-même mes étiquettes.

Encore faut-il savoir lesquelles.

Quelle étiquette ?

Tour à tour, en fonction de mes différents rôles, passions, croyances et activités, je suis en effet :

  • fondatrice d’un blog mariage,
  • entrepreneur,
  • apprentie DRH,
  • auteur,
  • positive et optimiste,
  • consultante,
  • éditrice de sites internet,
  • blogueuse lifestyle,
  • addict aux réseaux sociaux,
  • maman de famille nombreuse,
  • aspirante jardinière,
  • experte webmarketing,
  • coach mariage,
  • community manager,
  • rédactrice en chef d’un blog sur l’éducation et la famille,
  • féministe,
  • cuisinière de produits frais et bios,
  • à la tête d’une agence web,
  • adepte de l’éducation non-violente,
  • passionnée de psychologie,
  • et je pourrais continuer cette liste avec plein d’autres qualificatifs de plus en plus précis et de plus en plus nombreux…

Alors quelles étiquettes choisir pour que les gens puissent plus rapidement me mettre dans les bonnes cases ?

Même si on supprime tout ce qui est personnel (ce qui en soi n’est déjà pas facile : est-ce que « féministe » est un trait personnel ou professionnel ? Et passionnée de psychologie ? Cela me sert souvent dans mon travail…), il reste une bonne douzaine de qualificatifs possibles.

Dans la vie de tous les jours, cela ne me pose pas de problème. En général, quand on me demande de me présenter (c’est à dire qu’on me pose la question « tu fais quoi dans la vie » ?), j’ai un interlocuteur bien précis en face de moi et je n’ai qu’à choisir les bonnes étiquettes dans la liste.

Quand je suis face aux lectrices de mon blog lifestyle, je suis « rédactrice en chef » ou « fondatrice ».

Quand je suis à un événement pour blogueuses mariage, je me positionne, sans surprise, comme « blogueuse mariage ».

Quand je parle à ma voisine, qui ne comprend pas toujours ce que je fais parce qu’elle a 74 ans et qu’internet est quelque chose d’assez nébuleux pour elle, je dis que je suis « éditrice » et que je crée un magazine papier (ça elle connait), mais sur internet.

Quand je m’adresse à quelqu’un dans une rencontre d’entrepreneurs, je m’étiquette comme « entrepreneur à la tête d’une agence web ».

Bref, j’adapte.

Mais lorsqu’il s’agit de trouver un titre pour mon site « carte de visite » (le trip égotique ultime : un site avec son nom comme nom de domaine et une grosse et belle photo de soi) ou mon profil LinkedIn, c’est plus compliqué. Il a fallu trouver des qualitificatifs assez passe-partout et qui colleraient à mes différentes activités.

Après réflexion, j’ai choisi « Entrepreneur, éditrice de sites et auteur » parce que c’est ce qui m’enferme le moins. Mais pour une femme comme moi qui aime vibrillonner un peu partout, dans plusieurs domaines, n’importe quelle étiquette est un carcan.

Qui veut dire quoi ?

Le deuxième problème, c’est que tout le monde ne met pas toujours la même chose sous une même étiquette.

Prenons le mot « féministe », par exemple.

J’ai une amie, apellons-la Z. C’est une femme déterminée, qui parle quand elle en a envie, porte ce qu’elle veut, monte son entreprise avec ambition, trouve évident que son mari fasse la vaisselle et imagine qu’il prendra naturellement sa juste part dans l’éducation de leurs enfants. Tout ça en assumant aussi complètement son côté girly, maquillage perfectionné et Louboutins hors de prix compris. Bref, si je devais prendre une femme en exemple du féminisme moderne et décomplexé, ce serait elle.

Alors forcément, quand un jour, elle m’a affirmée qu’elle n’était pas féministe, j’étais très étonnée !

Après discussion, il s’avère que quand Z. entend le mot féministe, elle pense à ces femmes poilues des années 70 qui brulaient leurs soutiens-gorges en militant pour qu’un jour l’insémination artificielle devienne la norme et qu’on aie enfin plus JAMAIS besoin des hommes.

Alors évidemment, dans sa tête, elle est tout sauf féministe ! Et apparemment, elle n’est pas la seule personne à avoir des associations dommageables avec ce mot.

Maintenant, multiplions cela avec les jugements éclairs qu’on fait sur internet. Sur Twitter, par exemple, où en lisant 140 petits caractères truffés d’étiquettes, je vais avoir envie de te suivre, ou pas. Avoir confiance, ou pas. Avoir envie de te lire, ou pas.

Pas étonnant que j’aie hésité à me définir comme « féministe » sur mon profil twitter. Comment indiquer que je me considère féministe simplement parce que je suis pour l’égalité entre hommes et femmes… et rien d’autre ? J’ai joué avec l’idée de mettre plutôt « ambitieuse pour les femmes » ou « féministe à talons » comme j’ai vu d’autres le faire. Au final, j’ai choisi de ne pas utiliser ce qualificatif du tout, pour (tenter d’) éviter les projections négatives qui pourraient en résulter.

C’est d’ailleurs aussi pour ces mêmes raisons que j’ai adopté le qualificatif « entrepreneur » plutôt que « entrepreneure » ou « entrepreneuse« .

Est-ce que je suis satisfaite de ces décisions ? Pas pleinement, non. Je me sens même parfois un peu lâche, pour tout te dire. Après tout, il faut bien que des gens recommencent à utiliser des mots tels que « féministe » pour qu’on y entende moins de radicalité et plus d’égalité. Et il faut bien qu’on emploie plus souvent des mots comme « entrepreneuse » dans des contextes professionnels pour qu’on y entende autre chose qu’une troublante connotation sexuelle.

Mais pour le moment, je me satisfais de ces étiquettes, grosso modo, et à défaut de mieux.

Et toi ? Du mal à te définir ? Tu aimes les étiquettes ou tu les rejettes ? Comment tu gères ça dans ta vie d’entrepreneur ? Raconte !

Fiches de lecture pour entrepreneur

Conseils de Ben Horowitz pour les entrepreneurs qui voient grand

Je lis énormément. Depuis toujours, quand il manque quelque chose à mon éducation, j’ouvre un livre.

Bon en fait non, depuis quelques années, j’ouvre d’abord mon navigateur web… et ensuite j’allume mon Kindle. Mais le principe reste le même. J’apprends la vie à travers les livres.

C’est comme ça que j’ai appris à cuisiner, à élever mes enfants, et même à faire la conversation à des inconnus !

Alors bien sûr, depuis qu’il s’agit d’apprendre à devenir entrepreneur, mon Kindle chauffe sérieusement ! Et j’ai souvent envie de recommander mes lectures, mais comme je lis beaucoup en anglais (les américains ont une vraie culture du « self help » et les livres de ce genre sont bien plus nombreux aux Etats-Unis), je suis freinée. D’où l’idée de faire des fiches de lectures. Alors c’est parti !

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Dernièrement, j’ai lu The Hard Thing about Hard Things: Building a Business When There Are No Easy Answers de Ben Horowitz.

The Hard Thing About Hard Things, de Ben Horowitz.

Créateur d’une startup web juste avant l’éclatement de la bulle internet en 2001, il raconte son parcours d’entrepreneur, ou plutôt sa lutte de chaque jour pour la survie de son entreprise : levée de fonds en pleine crise, entrée en bourse en plein crash, licenciement de la moitié des employés, modification du business modèle en plein vol… avant sa réussite finale. Il donne ensuite des conseils tirés de cette expérience.

Sur le rôle de créateur d’entreprise

Tout au long du livre, Ben Horowitz évoque pourquoi et comment on devient un bon chef d’entreprise.

Il y a même tout un chapitre intitulé « Comment être un leader même quand vous ne savez pas où vous allez. » Quand j’ai vu l’intitulé du chapitre, je t’avoue que j’ai fait une petite danse de la joie à l’intérieur. Enfin quelqu’un allait m’expliquer comment faire quand en vrai, au quotidien, tu as tout le temps l’impression de faire semblant.

Je veux dire, dans l’ensemble, je fais plutôt bien semblant, je trouve. Mais les moments où j’ai vraiment l’impression de savoir ce que je fais en tant qu’entrepreneur ? Ils sont assez rares !

« Si une compétence ressort comme étant plus importante, c’est la capacité à rester concentré et faire le meilleur choix quand il n’y a pas de bons choix à faire. » C’est exactement ça.

En passant, je dois dire que cette histoire de créateur d’entreprise ressemble comme deux gouttes d’eau à mon rôle de maman : c’est un boulot super important, personne ne m’a donné de mode d’emploi très précis et je ne saurai si j’ai réussi qu’à la fin, quand il sera trop tard pour recommencer.

J’ai beau apprendre tout ce que je peux, au quotidien, je ne fais que suivre mon instinct, écouter le bon sens et prier pour ne pas faire trop d’erreurs…

D’autant que personne n’en parle. Les autres créateurs d’entreprise, quand tu leur poses la question, te disent que « oui, tout va bien, les indicateurs sont au vert, le développement se passe bien, etc.. » Tout le monde a l’air de savoir ce qu’il fait !

Alors lire que « la seule chose qui vous prépare à diriger une entreprise, c’est de diriger une entreprise », ça fait du bien ! Si j’ai l’impression de tout apprendre sur le tas, si j’ai des doutes, si je fais des erreurs… apparemment c’est normal.

Ok, je prends !

De manière générale, ce livre m’a permis de bien relativiser. Je trouve parfois que mon boulot d’entrepreneur est compliqué, entre la conciliation travail / enfants et le business modèle qui n’est pas tout à fait défini (« ah bon, c’est un vrai métier, blogueuse ? »). Mais en lisant le parcours de Ben Horowitz, franchement, je me suis dit que ça pourrait être mille fois pire. Comparé à lui, je crée mon entreprise à la cool. Tranquille, Émile.

Ça fait toujours du bien de se le redire.

Sur la transparence

Horowitz aborde aussi beaucoup la communication à l’intérieur de l’entreprise. Et notamment tout ce qui concerne le partage des bonnes mais aussi des mauvaises nouvelles.

Moi qui ai souvent l’impression qu’en tant qu’entrepreneur, je dois faire bonne figure tout le temps et être la seule à m’inquiéter des mauvaises nouvelles, c’était bon de lire que ce n’est pas nécessaire. Que parfois, c’est même franchement néfaste !

Aujourd’hui, tout va bien dans mon entreprise, qui est en pleine croissance, mais rien ne dit que ça sera toujours le cas. Et alors comment motiver une équipe s’ils ne connaissent pas les vrais enjeux ? Parfois, expliquer les enjeux veut aussi dire annoncer des mauvaises nouvelles.

« Si nous perdions un gros prospect, toute l’équipe devait comprendre pourquoi, de façon à ce que nous puissions réparer ce qui était cassé […]. Si je persistais à garder les échecs rien que pour moi, il n’y avait pas moyen de démarrer ce processus. »

Accessoirement être transparent sur les bons comme les mauvais côtés est une clé importante pour construire la confiance entre chef d’entreprise et employés. Car « la capacité du chef d’entreprise à construire la confiance au fil du temps est souvent la différence entre une société qui fonctionne bien et une société chaotique. »

J’ai probablement des efforts à faire là-dessus. C’est noté.

Sur la culture d’entreprise

Horowitz valide aussi dans ce livre des choses que je sais instinctivement et que j’essaie déjà de mettre en place au quotidien : que l’humain doit être au coeur de l’entreprise, qu’une culture d’entreprise se forge dès le départ, et que les valeurs incarnée au départ ont une influence sur ce que sera la société plus tard.

Ma société est encore toute petite, et pourtant je ressens très fortement l’influence de notre culture d’entreprise telle qu’elle est aujourd’hui sur ce qu’elle sera demain.

« Gardez en tête que la plupart de ce qu’on désignera comme étant la culture de votre entreprise n’aura pas été conçue spécifiquement, mais plutôt, aura évolué au fil du temps à partir de votre comportement et du comportement des premiers employés. »

Cela me conforte dans l’idée que l’équipe et l’ambiance que nous mettons en place aujourd’hui est très importante, même (et surtout !) si l’entreprise est encore petite.

« Gardez à l’esprit qu’il est plus facile d’ajouter de nouvelles personnes à de vieux processus de travail que de nouveaux processus de travail à d’anciennes personnes. »

Pour notre petite société de 5-6 personnes, cela paraît parfois absurde de mettre en place des procédures, un intranet, un chat d’entreprise… mais la lecture de ce livre me confirme que c’est une bonne idée. Le jour où je voudrai ajouter de nouveaux employés, la base sera là et ce sera plus facile.

Et plus encore…

Ben Horowitz aborde également de nombreux autres sujets dans ce livre :

  • Quels pièges éviter quand on passe d’une startup à une vraie grande entreprise.
  • Comment embaucher les meilleurs personnes à chaque étape.
  • Comment bien les former.
  • Comment licencier une partie de ton équipe de la manière la plus humaine possible, et de façon à ce que ceux qui restent ne soient pas complètement démotivés.
  • Comment éviter ou au moins minimiser l’apparition des manoeuvres politiques lorsque l’entreprise grandit.

Comme je n’en suis pas à ce stade du développement de mon entreprise, j’ai lu avec intérêt tout en me disant que j’y reviendrai le jour venu. Mais ce livre est une mine d’or de conseils et d’expériences que je te recommande (si tu lis l’anglais, car il n’est pas encore traduit en français).

Les citations que je retiendrai

« Nous prenons soin des gens, des produits et des profits – dans cet ordre-là. »

« Être trop occupé pour former ses employés, c’est comme avoir trop faim pour manger. »

« Restez concentré sur la route, pas le mur. […] Si vous regardez le mur, vous irez droit dedans. Si vous vous concentrez sur la route, vous la suivrez. Conduire une société, c’est pareil. »

Et toi ? Tu connaissais Ben Horowitz ? Tu as lu des livres intéressants récemment ? Je suis toujours à la recherche d’un prochain livre à lire alors n’hésite pas à m’en conseiller dans les commentaires !

Pourquoi je n'ai pas d'hommes dans mon réseau pro (et pourquoi ça doit changer)

Pourquoi il n’y a pas d’hommes dans mon réseau professionnel

Je m’en suis rendue compte récemment : professionnellement, je suis entourée quasi uniquement de femmes.

  • Mademoiselle Dentelle parle d’un sujet féminin, à des femmes. (Oui, le mariage concerne aussi les hommes, mais force est de constater que le lectorat des blogs de mariage est à 95% féminin.)
  • Pareil pour ses deux blogs soeurs : Dans Ma Tribu et Sous Notre Toit. Le premier parle à des mamans et je qualifie régulièrement le deuxième de « blog féminin ».
  • Mes chroniqueuses ? Ce sont toutes des femmes. Je ne suis pas contre le fait d’avoir un chroniqueur, mais jusqu’ici, la question ne s’est pas posé, je n’ai jamais eu de candidature d’homme.
  • Ici ? Je m’adresse aussi à des femmes (même si je sais que des hommes me lisent parfois…)

Le seul endroit où je m’adresse à un public mixte, c’est sur le blog de Ziofix (tu remarqueras en passant que c’est aussi le seul où je vouvoie mes lecteurs !). Et encore, quand j’écris pour Ziofix, en fait, je m’adresse à un avatar féminin.

(Si si. Elle s’appelle Stéphanie, a 32 ans, est photographe professionnelle, utilise le web pour se faire connaître, aime bien comprendre ce qui est technique mais déteste les bugs et le jargon informatique… Quoi, tu ne te crées pas des personnages imaginaires, toi, quand tu écris ?)

Et ça continue…

  • Les Soirées Dentelle ? Très souvent, exclusivement des femmes.
  • Les Wedding Afterwork ? Presque uniquement des femmes.
  • Les événements mariage organisés par d’autres ? Majoritairement des femmes.
  • Les événements professionnels organisés par des associations comme Girls in Web ou les Mampreneurs ? Là aussi, beaucoup de femmes.
  • Les groupes Facebook auxquels j’appartiens, comme les Webentrepreneures ? Que des femmes.

Est-ce qu’en soit c’est un problème ? Non, bien sûr ! J’adore travailler avec des femmes.

On me dis souvent d’ailleurs « tu ne travailles qu’avec des femmes, ça doit être compliqué. » mais je ne trouve pas, au contraire. Dans l’ensemble, les femmes que je rencontre et que je fréquente, que ça soit dans la vraie vie ou dans la vie virtuelle, sont des femmes intelligentes, sensées, sensibles. Rien à voir avec la caricature habituelle des femmes perfides et jalouses qui ne font que se tirer dans les pattes.

Jusqu’à récemment, je trouvais ça très bien, d’être entourée de femmes.

Puis je me suis rendue compte que je n’agis pas de la même façon en présence d’un homme et en présence d’une femme.

Par exemple, et c’était particulièrement flagrant au séminaire Entrepeneur Libre où il y avait une plus forte proportion d’hommes que de femmes, je réfléchis à deux fois avant de démarrer une conversation avec un homme alors que je le fais sans même y penser lorsque je suis face à une femme.

Je tutoie aussi plus facilement une femme qu’un homme. C’est particulièrement vrai dans un email, mais aussi dans la vraie vie.

Je me suis même rendue compte que lorsqu’on me demande en amie sur Facebook, j’accepte sans arrière-pensée si c’est une femme. Si c’est un homme, en revanche, je vais voir plus en détail qui c’est. Je fais attention. (Certes, il ne m’est jamais arrivé de me faire draguer virtuellement par une « amie » Facebook femme. Ceci explique peut-être cela.)

Plus profondément, je crois que je me sens davantage en sécurité avec des femmes. Sur un pied d’égalité. Avec de nombreux atomes crochus possibles. Et clairement, ce n’est pas le cas avec des hommes. (Du moins dans ma tête !)

Quand je suis en relation avec des femmes, je peux être juste « moi », je ne suis pas « une femme » ou « une femme entrepreneur ». Il n’y a aucun risque d’être gênée par un courant sous-jacent de séduction. Il y a moins de risques d’être jugée à travers un préjugé sexiste. (Encore une fois, c’est dans ma tête. Je sais bien qu’en vrai les préjugés sexistes sont ancrés chez chacun et chacune d’entre nous. C’est juste que je le sens moins.)

Bref, quand je suis face à une femme, j’ai plus facilement l’impression « qu’on se comprend ». C’est confortable.

Et je ne suis pas la seule à le constater.

Sauf que.

Sauf que plus un groupe est constitué de personnes d’horizons divers, plus les points de vue sont éclectiques, et plus les échanges sont potentiellement enrichissants. En m’entourant uniquement de femmes, je me prive de tout un tas d’échanges et de points de vue qui pourraient ouvrir mes horizons.

Sauf que c’est comme tout, quand on ne pratique pas, on ne risque pas de s’améliorer. Et j’ai envie d’être autant à l’aise face à un homme que face à une femme. Je ne sais pas où je vais dans ma carrière, mais je n’ai pas envie de me limiter à cause de préjugés sexistes d’un autre temps, c’est évident.

Sauf que cela n’est rien d’autre que du sexisme pur et simple. J’ai un comportement différent avec les hommes qu’avec les femmes. Et pour être vraiment claire, ça m’em**rde ! C’est une question de principe !

J’ai donc décidé qu’il était temps que ça change. (Oui, décidément, en ce moment, je tords le cou à de nombreux préjugés limitants.)

Étonnamment (ou pas), depuis cette prise de conscience, j’ai trouvé (comme de par hasard) de nombreux atomes crochus avec les quelques entrepreneurs hommes avec qui j’ai eu le plaisir d’échanger.

Tiens, eux aussi cherchent la meilleure manière de concilier vie privée et vie professionnelle.
Tiens, eux aussi cherchent la meilleure manière de prioriser leurs projets.
Tiens, eux aussi cherchent comment se sentir légitime en tant que petit entrepreneur débutant face aux petits hipsters aux pantalons moutarde qui lèvent des fonds. (Ouuuh, tiens, eux aussi partagent mon préjugé idiot sur les pantalons moutarde !)

Mmmm. Seraient-ils des femmes comme les autres ?

Et toi ? Tu te sens plus à l’aise avec des femmes ? Tu cultives ça dans ton réseau ? Tu te comportes exactement de la même façon avec les hommes et les femmes et tu ne vois pas de quoi je parle ? Tu es un homme, tu portes des pantalons moutarde et tu as levé des fonds ? Rencontrons-nous !

prise de conscience maman entrepreneur

La maman est un entrepreneur comme les autres, ma prise de conscience

Dans dans notre culture, le stéréotype de l’entrepreneur est un homme. Il n’y a qu’à faire une recherche pour « entrepreneur » dans Google images pour le constater.

Et effectivement, quand j’imagine un entrepreneur, je vois facilement un jeune homme dynamique, un poil hipster, qui fait des tours de table avec des fonds d’investissements.

Si j’imagine une femme entrepreneur ? Le genre ambitieuse, le genre qui réussit ? Je la vois jeune et sans attaches, sans horaires, sans contraintes, sans enfants.

Dans les deux cas, je ne vois pas quelqu’un qui me ressemble.

Parce que je me compare à ces stéréotypes, tout à fait inconsciemment, j’ai tendance à m’auto-décrédibiliser. Exit la légitimité de la « vraie » entrepreneur, qui ne me semble pas accessible. Je préfère me positionner en tant qu’entrepreneur d’un autre genre.

Appelons-là… maman entrepreneur.

Heureusement pour moi, la maman entrepreneur est assez courante. Nombreuses sont les femmes qui réfléchissent à créer une activité pendant leur grossesse et qui franchissent le pas une fois que l’enfant est là. C’est bien, je ne me sens pas seule.

Malheureusement pour moi, dans mon stéréotype, la maman entrepreneur est moins ambitieuse que l’entrepreneur « classique ». Ce n’est pas le genre à lever des fonds, par exemple. Elle se concentre d’abord sur ses enfants et ensuite seulement sur son activité. Elle culpabilise. Elle s’excuse souvent de devoir travailler. Sa priorité est de tout concilier, pas forcément de réussir.

Je généralise, bien sûr, depuis le début de cet article. C’est le propre d’un stéréotype.

Mais le problème, c’est que c’est ce genre de généralités inconscientes ancrées au plus profond qui gouverne mes pensées instinctives et mes jugements intuitifs.

Le problème, c’est qu’inconsciemment, depuis des années, je fais tout pour coller à ce stéréotype. Je culpabilise. J’ai du mal à me trouver légitime, surtout lorsque je suis en compagnie d’entrepreneurs hommes. Je n’imagine pas une seule seconde lever des fonds. J’ai honte de me montrer ambitieuse pour mon entreprise.

Le problème, c’est que je ne me considère pas comme une vraie entrepreneur. Pas vraiment. Pas au fond.

Et il serait bon que ça change !

La prise de conscience est là. Je reviendrai te raconter ce qui change pour moi au cours des prochains mois.

Et toi, tu luttes avec des stéréotypes d’un autre temps ? Tu te sens entrepreneur à part entière ? Tu es passée par là et tu as changé ta manière de voir les choses ? Partage !

Comment réagir en tant qu'éditrice de sites après l'attentat de Charlie Hebdo

Réagir en tant qu’éditrice de sites après l’attentat de Charlie Hebdo

« Ça va être dur de travailler avec ce qui vient de se passer à Charlie Hebdo », dit quelqu’un de l’équipe.

Hein ?

J’ouvre Twitter. Je lis le Monde. Je reste bouche bée, choquée, presque catatonique.

Je rafraichis sans cesse mon flux Twitter pour savoir ce qu’il en est. Nous vivons dans le 93, en plus. Il paraît que les fugitifs sont passés par là, sont traqués ici. J’ai peur. Je me sens un peu bête d’avoir si peur, mais n’empêche que j’ai vraiment peur.

Au bout de quelques minutes, je relève la tête.

Intérieurement j’ai envie de hurler. De peur. De colère.

J’ai envie de crier mon indignation partout. Sur les réseaux sociaux, tout le monde le fait déjà et j’ai envie de me joindre à eux.

Je me sens un peu bizarre de faire ça. Je n’aime pas trop montrer publiquement que ça va mal. Je suis plutôt du genre à arborer un sourire en toutes circonstances et à ne parler de mes difficultés seulement une fois que je les ai surmontées. Mais là c’est impossible.

Sur Twitter, je m’indigne et je retweete.
Sur Facebook, je change ma photo pour une qui dit « Je suis Charlie ».
De bien dérisoires actions face à l’horreur, mais sur le moment, j’ai l’impression de faire partie d’une communauté citoyenne, de partager ma peine et mon indignation. Ça fait du bien.

Dans le flot, je vois passer le tweet d’un Community Manager qui conseille aux marques de suspendre les publications et promos parce que « ça fait tache ». Bien sûr. Evidemment. Comment n’y ai-je pas pensé ?

Dans mon Buffer, je suspends les quelques publications que j’avais programmées pour les comptes Facebook et Twitter de Ziofix, ainsi que pour mes comptes personnels. Elles semblent tellement ridicules à côté de ce qui vient de se produire, totalement décalées, un peu comme venir à un enterrement déguisé en homme-sandwich pour une marque de pâte à tartiner.

Mais arrivée sur les comptes de Mademoiselle Dentelle, Dans Ma Tribu et Sous Notre Toit, j’hésite.

Mon premier instinct, guidé par la peur, est de faire taire toutes les publications, de tout suspendre, et d’aller me terrer sous ma couette en attendant que ça se passe. Pourtant j’ai le sentiment que cette réaction n’est pas adéquate.

Mes émotions font rage et j’ai du mal à réfléchir.

Est-ce vraiment me approprié de se taire dans un moment pareil ? Ces dessinateurs ne sont-ils pas morts justement parce qu’ils ne voulaient pas se taire ? Nous ne devons pas nous taire, cela me semble évident.

D’un autre côté, est-ce vraiment l’endroit pour parler de cet événement politique ? Après tout, mes blogs ne parlent ni d’actualité, ni de politique. En tous cas pas comme ça.

Certes nous traitons parfois de sujets lourds, parfois même très lourds. Certains sont même borderline politique, dans la mesure où au sens large, tout ce qui concerne la vie de la cité est politique. Mais cela reste dans une certaine ligne éditoriale. On donne des conseils, pas des éditoriaux. On publie des témoignages, pas des faits divers.

Ensuite, si à titre personnel je suis atterrée de ce qui se passe à Paris en ce 7 janvier, c’est en partie parce que cela se passe juste à côté de chez moi. Il se passe chaque jour des horreurs partout dans le monde, pourquoi ne parlerions-nous pas de celles-là aussi ? Avoir une ligne éditoriale claire ne sert-il pas justement pour ce genre de moments de doute ?

Enfin, quelle prétention que de se mettre à la même hauteur que les dessinateurs de Charlie Hebdo ! Certes, sur Mademoiselle Dentelle, à notre petit niveau, nous nous battons pour que toute future mariée puisse se sentir libre de porter la robe de mariée de ses rêves, quelles que soit sa couleur, sa forme, sa longueur ou l’avis de sa belle-mère. C’est très futile mais très important à la fois. Cela relève de la liberté d’expression mais en même temps, ç’en est tellement loin !

Ce tourbillon de pensées et de questions continue dans mon cerveau un bon moment. Au final, je préfère m’abstenir plutôt que de prendre une décision à la hâte, sous le coup de l’émotion. Je laisse donc toutes les publications programmées sur les réseaux sociaux et dans notre calendrier éditorial.

De toutes façons, la sieste de ma petite dernière est terminée. C’est mercredi, c’est l’heure du goûter, la vraie vie se rappelle à moi sous la forme d’une horde d’enfants affamés.

Tout en tartinant, je continue ma réflexion.

Je me sens coincée par une double contrainte. D’un côté, si je continue à publier comme d’habitude et que je n’évoque pas cet événement, il est probable qu’on me le reproche. D’un autre côté, si je suspends les publications et que je sors de notre ligne éditoriale, il est probable qu’on me le reproche aussi. Dans tous les cas, je perds.

Ce n’est pas mon genre de situation préférée…

J’aime le consensus. J’aime mettre les gens d’accord. J’aime qu’on me comprenne. Et oui je l’avoue, j’ai beau me répéter en boucle qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, j’aime quand même plaire à tout le monde !

L’avantage, c’est qu’avec l’expérience, je commence à savoir que c’est aussi le genre de situation où je dois justement prendre le temps de réfléchir, histoire de faire vraiment ce que je veux. Puisque dans tous les cas je vais froisser quelqu’un, autant que ce soit pour une bonne raison !

Je sais aussi qu’une des raisons qui me pousse à mettre en pause les blogs est l’effet de groupe, la pression sociale. Je lis un peu partout qu’il est « de rigueur de » ou que la « la décence veut que » les publications soient suspendues. Tout le monde le fait. C’est attendu. C’est politiquement correct.

Et je n’aime pas le politiquement correct.

Dire quelque chose parce que j’en ai envie, ok. Me taire parce que je pense que c’est une bonne idée, ok. Mais faire quelque chose « parce que ça se fait », ça n’est pas moi. Et je pense que ça aussi, ça fait partie de la ligne éditoriale de mes blogs. Ils sont gentils, consensuels, bisounours à paillettes, certes. Mais ils sont aussi affirmés et politiquement incorrect.

Je ne veux pas blesser, mais j’aime faire réfléchir.

Plus tard, les enfants sont couchés, je suis épuisée par le tsunami d’émotions et je cherche à débrancher mon cerveau. Toute une journée à n’entendre parler que de Charlie, à ne penser qu’à Charlie, je n’en peux plus. Et alors que je m’enfonce dans l’intrigue futile de ma série préférée, je remercie Netflix de n’avoir pas eu l’idée de suspendre ses publications par décence ou parce que c’était de rigueur.

Oui j’avais besoin de parler de Charlie. Oui, j’avais besoin de trouver des informations sur Charlie. Mais j’avais aussi besoin de penser à autre chose. Et je n’étais pas la seule. À en croire les statistiques, les futures mariées de Mademoiselle Dentelle étaient tout aussi nombreuses que d’habitude à lire les chroniques sur le site. Peut-être un peu plus distraitement et probablement avec BFM TV en bruit de fond. Mais j’imagine que comme moi, elles avaient besoin de se changer un peu les idées.

Le lendemain, nous en discutons avec l’équipe éditoriale. Nous décidons de garder la ligne éditoriale, de continuer à publier comme d’habitude, mais d’afficher les visuels « Je suis Charlie » sur les blogs et les réseaux sociaux en signe de notre soutien. Nous publierons également des témoignages en rapport avec les événements sur Sous Notre Toit et Dans Ma Tribu.

Plus d’une semaine après, je ne sais toujours pas si c’était la bonne solution. D’ailleurs je ne suis pas sûre qu’il y avait une bonne solution. Mais quand je vois les témoignages que nous avons publié suite à ces événements et les discussions intelligentes et sensibles provoquées par ces témoignages, je me dis qu’en tous cas, ce n’était pas une mauvaise solution.

proteger entrepreneur perte vol ordinateur

Comment se protéger de la perte, du vol ou du crash de son ordinateur

Il y a quelques semaines, j’ai assisté au vol de l’ordinateur d’une amie entrepreneur. Et surtout, j’ai assisté à sa grande détresse lorsqu’elle s’est rendue compte du vol.

Car en perdant son ordinateur, elle ne perdait pas seulement la valeur d’achat de celui-ci (qui en soi est déjà une perte importante) mais également tout ce qui était dessus :

  • une partie de ses contacts professionnels,
  • tous les fichiers et documents créés ou modifiés aux cours des 3 dernières semaines, date de sa dernière sauvegarde,
  • l’heure et le lieu de ses prochains rendez-vous (et tout son historique)
  • tout l’historique de ses mails…

Bref, au final, une perte d’une valeur bien plus importante que celle de l’ordinateur en lui-même.

Tout en compatissant très fort avec elle (j’en avais physiquement mal au ventre à l’idée qu’elle aie perdu toute sa « vie numérique »), je m’entendais faire le point intérieurement de ce que je risquais si on me volait mon ordinateur à moi.

Comme disait Confucius : « L’homme sage apprend de ses erreurs. L’homme plus sage La femme sage apprend des erreurs des autres. »

Rentrée à la maison, j’ai donc fait un audit de ma vie numérique et créé une procédure d’urgence à suivre en cas de perte ou vol de mon ordinateur ou de mon smartphone.

Parce que sois-en sûre, cela nous arrivera un jour ou l’autre ! Tu peux compter dessus.

Si ce n’est pas la faute d’un sagouin de voleur à la tire, ce sera celle d’un méchant virus, d’un fourbe plantage de disque dur ou d’un renversage traitre de tasse de thé bouillant sur ton clavier par un petit bonhomme qui « oh désolée maman » était juste trop enthousiaste à l’idée de te montrer son dernier dessin de Pokemon.

Inventaire et risques de ma vie numérique

De manière générale, je pars donc du principe que mon ordinateur et mon smartphone ne sont que des outils temporaires, qui peuvent disparaître à tout moment. Quand j’ai le choix, j’opte toujours pour une solution « Cloud ».

Et bien sûr, même si aucune partie de mon travail n’est classé secret Défense, j’ai configuré mon ordinateur pour qu’il exige un mot de passe à l’ouverture d’une session et au retour d’une mise en veille. J’ai également activé Find My Mac (je n’y crois pas trop, mais on ne sait jamais…).

Mes emails. Je gère tous mes emails directement en ligne avec Gmail (pour mes emails perso ainsi que ma boîte mail professionnelle directe) et HelpScout (pour les boîtes génériques que je partage avec le reste de mon équipe – contact@, redaction@, etc.). L’historique est donc sauvegardé sur les serveurs Google et Helpscout, et je peux y avoir accès de n’importe quel ordinateur.

Mes documents. Je crée systématiquement tous mes documents sur Google Documents. C’est un équivalent tout à fait correct de Word et d’Excel pour quelqu’un qui n’a pas besoin des fonctionnalités avancées de ces applications-là. Tout est donc en ligne sur les serveurs de Google, ce qui me permet en plus de les partager très facilement avec mon équipe ou d’autres personnes si je le souhaite. Les autres documents à conserver (images, logos, PDF, etc.) sont sauvegardés dans Dropbox. Tout est synchronisé automatiquement en permanence entre mon ordinateur et les serveurs de Dropbox. Je peux aussi y accéder depuis n’importe quel ordinateur très facilement.

Mes photos. Toutes mes photos sont soit sauvegardées automatiquement depuis mon smartphone sur Dropbox, soit uploadées sur Flickr pour celles que je souhaite garder pour « toujours ». Je fais le tri régulièrement dans mes photos Dropbox pour supprimer celles qui doivent l’être et envoyer les autres sur Flickr.

Mes contacts. Mes contacts sont gérés dans Google Contacts et automatiquement synchronisés sur mon smartphone.

Mes rendez-vous. Tout pareil, ils sont gérés dans Google Agenda et automatiquement synchronisés sur mon smartphone.

Mes favoris. Ils sont associés à mon compte Google. Je peux automatiquement les synchroniser sur un autre ordinateur si je le souhaite.

En cas de perte ou vol de mon ordinateur, voici ce que je perdrais :

  • les polices de caractères (gratuites) que j’ai téléchargé pour créer tel ou tel document. La plupart d’entre elles viennent de Google Fonts et je peux les récupérer facilement.
  • les (très rares) applications (souvent gratuites) que j’ai téléchargé et installé directement sur mon ordinateur (mais que je pourrais re-télécharger et ré-installer à nouveau).

Ce sont des risques que je suis prête à prendre.

Procédure en cas de perte

Je pensais qu’elle serait bien plus longue, mais finalement il suffit surtout de savoir sur quels services il faut changer son mot de passe…

  • Changer immédiatement le mot de passe Google, Dropbox et Helpscout.
  • Changer immédiatement les mots de passe bancaires.
  • Faire opposition auprès de mon opérateur mobile (en cas de vol de smartphone uniquement).
  • Changer mes mots de passe Facebook, Twitter, Instagram, Flickr, etc.
  • Utiliser Find My Mac pour localiser mon ordinateur et/ou effacer les données présentes dessus.

Les risques du « tout en ligne »

Il est vrai qu’avoir tout en ligne, le fameux « cloud », peut faire un peu peur. Et après cette fameuse histoire de piratage Sony, certains diront qu’ils préfèrent éviter d’ouvrir l’accès à leurs données à qui que ce soit.

Mais je me dis que je ne suis pas Sony et que je suis donc moins exposée à ce risque. De la même façon qu’il y a moins de chance qu’on me vole ma vieille voiture alors qu’il y a de belles Ferrari et Mercedes toutes neuves garées juste à côté. Il y a bien sûr toujours le risque que Google se fasse pirater (c’est une très belle Ferrari, pour le coup), mais ça reste tout de même un risque moins important que celui du vol d’un ordinateur ou d’un gros crash de disque dur.

Autre risque non négligeable : tous ces outils supposent que tu aies un accès à Internet régulier et fiable. Si tu travailles dans certains pays d’Afrique ou que Free a décidé de faire des siennes pendant plusieurs semaines comme ça m’est arrivé récemment, c’est plus compliqué.

Dernier risque : comme je te le disais plus haut, aucune de mes données n’est vraiment extrêmement sensible. Quand je me mettrai à faire des blagues racistes à propos d’Obama, je reverrai ma position. En attendant, le contenu de mes emails ne devraient pas faire la une de Voici.

Je n’ai heureusement jamais eu à faire face au vol d’un ordinateur. Mais jusqu’à présent, cette stratégie m’a bien servie lorsque j’ai changé d’ordinateur ou de smartphone : à chaque fois, le transfert des données a été rapide et (presque) sans douleur. J’ose espérer que ce sera le cas aussi le jour où je serai victime d’un voleur ou d’une tasse de thé mal intentionnée…

Et toi ? Tu es sereine face à ce risque ? Tu aimes bien le Cloud ou pas ? Tu fais des blagues douteuses dans tes emails ? Raconte !

profiter enfants maman travaille Photo Victor Hanacek

Profiter de mes enfants au quotidien : ma priorité pour 2015

Au quotidien, je saute d’une activité à une autre, dans une hyperactivité frénétique.

Je me lève, un peu de sport, une petite douche, lever les enfants, les habiller rapidement, les nourrir un peu, me dire qu’il faudrait que j’aille faire les courses, les emmener à l’école, emmener le bébé chez sa nounou, un peu de rangement, préparer un thé, répondre à quelques mails, écrire un article, répondre à quelques questions, faire un peu de compta, éteindre un petit incendie virtuel, mettre en place une procédure pour éviter que ça ne se reproduise, avancer un peu sur un projet important, tiens faudrait que j’aille aux toilettes, répondre à quelques mails, écrire un autre article, mince un gros bug, trouver une solution à un problème urgent, faut vraiment que j’aille aux toilettes, pfff toujours pas fini ces mails, un petit tour sur Facebook, bon ok je vais aux toilettes juste après ce message, encore quelques mails, une photo à retoucher, une conversation virtuelle, une bannière à mettre en ligne, oh merde c’est déjà l’heure de la sortie des classes, passer enfin aux toilettes, courir chercher les enfants, être en retard comme d’habitude, ouvrir le placard en espérant y trouver un goûter, me dire qu’il faut vraiment que j’aille faire les courses, répondre à quelques mails, gérer un conflit entre frère et soeur, répondre à une question existentielle sur un Pokemon, tenter de répondre aux derniers mails mais faire un tour sur Facebook à la place, ah merde c’est déjà l’heure d’aller chercher le bébé, courir chercher le bébé, écouter la nounou me dire qu’il lui manque des couches, me dire qu’il faut vraiment que j’aille faire les courses, rentrer en me demandant ce que je vais bien pouvoir faire à manger, me dire que c’est décidé demain je fais les courses, ranger le goûter, trouver des restes au fond du congélo pour éviter de me rabattre sur des pâtes, me dire que vraiment faudrait que je fasse les courses pour de vrai demain, préparer à manger, faire manger les enfants, écouter les grands se plaindre parce qu’ils voulaient des pâtes, baigner les petites, demander au cadet de se doucher, coucher les petites, demander au cadet de se doucher, remonter un verre d’eau pour les petites, crier sur le cadet de vraiment aller se doucher maintenant ça suffit, dire au grand qu’il faut arrêter le piano maintenant les petites aimeraient dormir, remonter dire aux petites qu’il faut faire dodo maintenant ça suffit, déléguer l’ensemble à mon mari qui vient de rentrer, retourner à mon bureau pour finir l’article de demain, faire un tour sur Facebook, boire un thé avec mon mari qui a enfin couché tout le monde, lire un peu, m’endormir en me disant que j’aurais dû me coucher plus tôt. Et tout recommencer le lendemain.

Au quotidien cela me semble normal. Une course évidente. Habituelle.

Et puis les vacances arrivent.

Je mets un message d’absence sur mes mails. Je préviens mon équipe que je serai plus ou moins déconnectée. Les blogs sont en mode « best of ».

Et je me pose.

Je m’assieds dans le salon avec une tasse de thé et je contemple mes enfants.

Je regarde jouer mes filles, qui se chamaillent puis s’entraident tour à tour, évoluant dans leur monde imaginaire.
J’observe mon cadet, absorbé dans sa lecture et aux prises avec des aventures si fantastiques qu’on peut les lire sur son visage.
J’écoute mon aîné jouer du piano, émerveillée qu’il sache faire si bien ce dont je suis incapable.

profiter enfants maman travaille Photo Victor Hanacek

Et à chaque fois, la même pensée : pourquoi est-ce que je ne fais pas ça plus souvent ?

Alors c’est ça, ma résolution pour 2015 : contempler mes enfants 15 minutes par jour. (J’ai failli écrire 30, mais je sens que ce serait trop ambitieux et que je risque de ne pas m’y tenir. Restons raisonnable pour commencer.) Chaque jour, quand je rentre avec le bébé, je prendrai 15 minutes pour me poser dans le salon.

Juste contempler mes enfants. Eux pour qui je fais tout ça. Eux qui sont mon moteur principal. Eux que j’aime si fort.

Eux qui grandissent si vite et qui demain ne seront plus là.

Et toi, comment tu fais pour avoir l’impression de ne pas passer à côté de tes enfants ? Un rituel que tu as mis en place ? Raconte !

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Crédit photo Victor Hanacek

stress maman entrepreneur

L’année prochaine, ça ira mieux ! (Non ?)

En janvier, je me remets des vacances de Noël. Je prends de bonne résolutions, je remets à plat certaines choses. Je suis plein de bonnes intentions mais j’ai déjà l’impression de ne pas avoir assez de temps pour tout faire. Stressée.
Mais bon, ce n’est pas un mois « normal ». C’est sûr, ça ira mieux le mois prochain.

En février, j’avance bien. Puis je tombe malade. Deux semaines au fond de mon lit. Je finis le mois sur les rotules, à essayer de rattraper le temps perdu. Stressée.
Mais bon, ce n’est pas un mois « normal ». C’est sûr, ça ira mieux le mois prochain.

En mars, c’est les vacances scolaires à nouveau. Et puis les anniversaires qui s’enchaînent dans la famille. Je tente tant bien que mal de vider ma boîte mail avant de passer sur avril. Stressée.
Mais bon, ce n’est pas un mois « normal ». C’est sûr, ça ira mieux le mois prochain.

stress maman entrepreneur

En avril, je lance un projet. Je passe mes soirées et mes weekends dessus. J’y perds des heures de sommeil et quelques plumes. Fierté et fatigue fusionnent. Stressée.
Mais bon, ce n’est pas un mois « normal ». C’est sûr, ça ira mieux le mois prochain.

En mai, « fais ce qu’il te plaît » et il me plaît de travailler. Enfin ! Personne n’est là, ça va être tranquille… sauf que l’école et la nounou font les ponts aussi. Je fais plutôt ce que je peux. Stressée.
Mais bon, ce n’est pas un mois « normal ». C’est sûr, ça ira mieux le mois prochain.

En juin, je vois arriver gros comme une maison la fin des classes. Je regarde s’approcher juillet avec appréhension et je me carapate pour en finir un maximum avant que ne sonne la cloche. Stressée.
Mais bon, ce n’est pas un mois « normal ». C’est sûr, ça ira mieux à la rentrée.

En juillet, je relâche. Mon cerveau part en vacances avant l’heure et je n’ai plus l’énergie de travailler. Je fais semblant, la peur au ventre de louper quelque chose d’important. Stressée.
Mais bon, ce n’est pas un mois « normal ». C’est sûr, ça ira mieux à la rentrée.

En août, je ferme mon ordinateur et je coupe mon téléphone. Je suis déjà tellement en retard sur tout que bon, un peu plus un peu moins, ça ne fera aucune différence. Je me repose. Mais au fond, j’appréhende la rentrée et son éboulement d’activités. Stressée.
Mais bon, ce n’est pas un mois « normal ». C’est sûr, ça ira mieux le mois prochain.

En septembre, les rendez-vous médicaux s’enchaînent. Les formulaires d’inscriptions au foot et à la flûte s’entassent. Les listes de fournitures scolaires s’empilent. Le temps ne m’appartient plus. Je remets tout au moins d’octobre. Stressée.
Mais bon, ce n’est pas un mois « normal ». C’est sûr, ça ira mieux le mois prochain.

En octobre, je reprends mon souffle. Enfin un mois normal ! C’était sans compter les 2 semaines de gastro qu’enchaînent mes 3 plus jeunes. Mes cernes touchent terre, tout comme mon niveau d’énergie. Stressée.
Mais bon, ce n’est pas un mois « normal ». C’est sûr, ça ira mieux le mois prochain.

En novembre, les vacances, déjà ! Ah bon ? Youpi. Au point où j’en suis, je me pose un peu. On verra bien plus tard. Là, l’urgence, c’est de remplir le frigo et de rhabiller les enfants qui ont tous pris 2 tailles. Je cours les magasins, déjà décorés pour Noël. Stressée.
Mais bon, ce n’est pas un mois « normal ». C’est sûr, ça ira mieux le mois prochain.

En décembre, c’est la joie de Noël qui arrive… et la corvée des cadeaux qui l’accompagne. Vite, entre deux tâches sur ma todo, commander des cadeaux en ligne avant qu’on ne se retrouve le 23, comme chaque année, à fréquenter la foule au centre commercial du coin. Stressée.
Mais bon, ce n’est pas un mois « normal ». C’est sûr, ça ira mieux l’année prochaine.

Hein ? Dis, ça ira mieux, non ?